Le Concert des Dames
Ensemble vocal féminin

L’ensemble vocal féminin, Le Concert des Dames est formé de chanteuses confirmées, lauréates des cursus de formations des conservatoires et écoles de musique. Ainsi de futures chanteuses professionnelles trouvent un milieu propice à leur épanouissement, tandis que des chanteuses "amateurs" de haut niveau peuvent exprimer leur talent dans un cercle musical approprié. Le Concert des Dames représente donc une expérience singulière dans l’exploration à peine initiée des prolongements possibles pour les musiciens à la fin de leurs études.

Dirigé par Frédéric Bourdin, Le Concert des Dames est constitué de neuf à seize chanteuses accompagnées ou non d’instrumentistes, en fonction des programmes, Soucieux de ne pas se restreindre à l’étude d’une période donnée des patrimoines musicaux, mais désirant néanmoins aborder chaque répertoire en respectant son style, l’ensemble s’entoure de spécialistes musicologues ou musiciens, tels qu’Odile Edouard, Anne-Marie Lasla, Christine Plubeau, Freddy Eichelberger, François-Henri Houbart... C’est dans cet esprit qu’il a travaillé sur des projets variés tels que, "Vespres à la Vierge à la Maison Royale de Saint-Cyr" (musique baroque française et italienne) "Musique religieuse à la Cathédrale d’Orléans au XIXème siècle" (chœur, violon, harpe et orgue) et "Musique religieuse du XIème siècle" articulée autour du thème de Noël.

Le disque du Concert des Dames de la "Messe en l’Honneur de Jeanne d’Arc d’Henri Nibelle et autres Musiques Sacrées à la Cathédrale d’Orléans de la Belle Époque aux Années Folles" a reçu un bon accueil de la critique avec 7 de Répertoire, 4 Diapasons.

L'ensemble vocal Le Concert des Dames est soutenu par la Région Centre, le Conseil Général du Loiret et la Fondation France Télécom.

 

Frédéric Bourdin,
Chef de chœur

Ténor, Frédéric Bourdin travaille le chant auprès de Jean Laurens, de Jacqueline Bonnardot et de Jean Nirouët.

Dès 1989, il fait partie de plusieurs ensembles tels que l'ensemble Jacques Moderne (Fondateur J. P. Ouvrard, dir. J. Suhubiette), l'ensemble Sagittarius (dir. M. Laplénie), Ars Antiqua de Paris, Les Eléments (dir. J. Suhubiette)..., avec lesquels il fait de nombreux concerts en France et en Europe, comme soliste et en formation de 6 à 12 chanteurs. Il enregistre plusieurs disques chez Erato, Adda, Ades, Naxos et Calliope. Il travaille aussi lors de productions lyriques avec W. Christie, M. Minkowski, J.Cl. Malgoire à Paris, Montpellier, Tourcoing, Lyon, Versailles.

Riche de cette expérience acquise auprès de chefs reconnus, il s’affirme dans le répertoire baroque et travaille la direction de chœur. Il crée l’ensemble vocal Le Concert des Dames dont il est le directeur musical. En 1992, il fonde le Festival Euphonia en Sologne et en assure depuis lors la direction artistique.

Parallèlement, il est professeur de chant au Conservatoire de Draveil (91).

 

Le Concert des Dames

Anne Auzou, Véronique Bienassis, Cécile Bodereau, Patricia Bomy,
Nathalie Bothamy, Sophie Boucher, Marie-Virginie Cambriels, Isabelle Coulmeau,
Martine Coursimault, Monique Humbert, Aude Leriche, Emmanuelle Martin,
Sylvie Quittelier, Frédérique Simon.

Création Lumière : C.A.C.
Hervé Bienassis, Stéphane Chatry, Patrice Pinet

Direction : Frédéric Bourdin

 

 

Le Programme

Drame Liturgique du Sponsus et Office de la Nativité au XIIème siècle

 

SPONSUS

Parabole des vierges folles
et des vierges sages


Manuscrit de Saint-Martial de Limoges

 

Quem vidistis Pastores

Graduale triplex

 

OFFICE DE NOËL

Puer Natus est - Introït

Graduale triplex

Congaudet hodie

Manuscrit de Saint-Martial de Limoges

Viderunt omnes fines terræ - Graduel

Graduale triplex

Alleluia, Dies sanctificatus

Graduale triplex

Tui sunt cæli - Offertoire

Graduale triplex

Orienti oriens

Manuscrit de Saint-Martial de Limoges

Cleri cætus - Sanctus

Ecole de Saint-Martial de Limoges

Viderunt omnes fines terræ - Communion

Graduale triplex

Catholicorum concio

Manuscrit de Saint-Martial de Limoges

Omnis curet homo

Ecole de Saint-Martial de Limoges

 

Le Sponsus est transcrit du Manuscrit de Saint-Martial de Limoges par Laurence Brisset. Les transcriptions des autres pièces de ce manuscrit sont réalisées par Malcolm J Bothwell.

 

Le Drame liturgique

Dans le monde, dans la pierre, dans la peinture, dans la liturgie, le symbole est l’environnement quotidien de l’homme du Moyen-Âge. L’art musical ne se borne pas à l’art des sons mais concerne l’Harmonie au sens large, harmonie des sphères, des nombres, des proportions... Ainsi, l’espace où se déroule le drame liturgique (l’église) est-il lui-même symbolique et musical. Le drame liturgique est la rencontre de la liturgie, de la musique, de la poésie et de l’architecture.

Dans le haut Moyen-âge apparaît un courant impressionnant de création artistique et l’on voit l’Eglise innover quantité de procédés pour orner la liturgie comme les drames, les troppes, séquences et surtout les polyphonies. Les premiers drames liturgiques auraient été de simples dialogues autour de la scène des trois Marie visitant le tombeau du Christ au matin de Pâques, préludant à la messe de Pâques (Quem quæritis...), puis des représentations mimées et chantées des mystères célébrés le jour des grandes fêtes ; illustrations de l’évangile du jour, de paraboles, de miracles, se développant jusqu’à devenir des pièces de grandes dimensions avec décors et costumes et surtout la création propre de musique et de texte pour l’occasion. Les acteurs étaient des clercs et l’action avait lieu dans l’église.

Le développement du drame liturgique semble s’être achevé au XIIIème siècle ; dans les cathédrales et surtout dans les monastères, des représentations à caractère liturgique eurent lieu jusqu’au XVIème siècle et peut-être même plus tard.

La plupart des textes sont latins, le Sponsus est donc une exception puisqu’il contient des passages en langue vernaculaire. Il est issu d’un manuscrit de Saint-Martial de Limoges, Abbaye sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle qui fut un des plus grands centres de création artistique aux XIème et XIIème siècles.

Laurence Brisset

 

Textes et Traductions

 

SPONSUS , MT 25,1/13

 

Adest Sponsus qui est cristus vigilate virgines
pro adventu cuius gaudent et gaudebunt homines

Venit enim liberare gentium origines
quas per primam sibi matrem subiugarunt demones

Hic est Adam qui secundus per prophetam dicitur
per quem scelus primi Ade a nobis diluitur

Hic pependit ut celesti patrie nos redderet
ac de parte inimici liberos nos traheret

Venit sponsus qui nostrorum scelerum piacula
morte lavit at que crucis sustulit patibula.

 

L’EPOUX

 

Voici l’époux qui est le Christ, Vierges veillez !
dont l’avènement réjouit et réjouira les hommes.

Car il vient pour délivrer les origines des Nations qui,
par la première des mères, ont subjugué les démons.

Voici Celui que le Prophète appelle le second Adam,
par qui, est effacé le crime du premier Adam.

Il fut crucifié pour nous rendre à la céleste Patrie
et pour nous délivrer du joug où nous liait l’ennemi.

Il vient, l’Epoux qui, de nos crimes, a, par sa mort,
lavé la tache impure et fut supplicié sur la croix.

 

Gabriel

Oiet Virgines aiso que vos dirum
aiset presen que vos comandarum
Attendet un espos Jesu salvaire a nom
Gaire noi dormet di sel espos que vos hor attendet

Venit en terra per les vostres pechet
de la Virgine en Betleem fonet
e flum Iorda lavet e bateet
Gaire noi dormet di sel espos que vos hor attendet

Eu fo bateet gablet e laidenjet
sus e la crot pendut e claufiget
eu monumen deso entre pauset
Gaire noi dormet di sel espos que vos hor attendet

E resors es la scriptura odie
Gabriels soi entrames aci
Attendet lo que ia venra praici
Gaire noi dormet di sel espos que vos hor attendet

 

Gabriel

Vierges, oyez ce que nous vous disons,
partez sitôt que nous vous l’enjoindrons !
Attendez l’Epoux ! Jésus sauveur il se nomme
- guère ne dormez ! - ce fiancé qu’ores vous attendez.

Il vint sur Terre effacer vos péchés ;
à Béthléem de la Vierge il est né,
dans le Jourdain lavé et baptisé
- guère ne dormez ! - ce fiancé qu’ores vous attendez.

Il fut battu, bafoué, outragé,
haut sur la croix pendu, de clous percé,
dans le tombeau fut aussitôt posé
- guère ne dormez ! - ce fiancé qu’ores vous attendez.

Et il ressuscita, l’écriture le dit.
Gabriel fût son envoyé ici.
Attendez le, car bientôt il va venir
- guère ne dormez ! - ce fiancé qu’ores vous attendez.

 

Fatue

Nos virgines que ad vos venimus
negligenter oleum fudimus :
ad vos orare, sorores, cupimus
ut ad illas quibus nos credimus
Dolentas chaitivas, tropi avem dormit !

Nos comites huius itineris
et sorores eius dem generis,
quam vis male contigit miseris
potestis nos reddere superis !
Dolentas chaitivas, tropi avem dormit !

Partimini lumen lampadibus
pie sitis insipientibus
Pulse ne nos simus a foribus
cum vos Sponsus vocet in sedibus !
Dolentas chaitivas, tropi avem dormit !

 

Vierges Folles

Nous, vierges qui venons auprès de vous,
négligemment, nous rependîmes l’huile
et nous voulons vous supplier, mes sœurs,
ô vous en qui repose notre espoir.
Dolentes, malheureuses, nous avons trop dormi !

Nous qui faisons avec vous ce voyage
et sommes sœurs aussi de la même race,
ah ! vous pouvez, quoique le sort nous frappe ,
nous rendre encore aux suprêmes demeures.
Dolentes, malheureuses, nous avons trop dormi !

Ah ! partagez la flamme pour nos lampes !
ayez pitié des folles ignorantes, pour qui,
du seuil on ne nous chasse pas,
lorsque vers lui nous mandera l’Epoux.
Dolentes, malheureuses, nous avons trop dormi !

 

Prudentes

Nos precari, precamur, amplius
desinite, sorores, ocius :
vobis enim, nil erit melius
dare preces pro hoc ulterius
Dolentas chaitivas, tropi avet dormit !

At ite nunc, ite celerius
ac vendentes rogate dulcius
ut oleum vestris lampadibus
dent equidem vobis inertibus !
Dolentas chaitivas, tropi avet dormit !

 

Vierges Sages

Veuillez, de grâce, aussitôt renoncer
à supplier, ô mes sœurs, davantage.
Certes pour vous de rien ne servira
de nous prier pour l’huile plus longtemps.
Dolentes, malheureuses, vous avez trop dormi !

Mais allez donc sans plus tarder
et doucement demander aux marchands
qu’ils donnent de leur huile pour vos lampes,
à vous pourtant qui fûtes négligentes.
Dolentes, malheureuses, vous avez trop dormi !

 

Fatue

A misere, nos hic quid facimus ?
vigilare num quid potuimus ?
hunc laborem quem nunc perperimus
nobis nos met ipse contulimus !
Dolentas chaitivas, tropi avem dormit !

At, det nobis mercator ocius
quas habeat merces, quas socius :
oleum nunc querere venimus
negligenter quod nos met fudimus
Dolentas chaitivas, tropi avem dormit !

 

Vierges Folles

Que faisons nous ici infortunées ?
N’aurions nous pu montrer vigilantes ?
Cette douleur qu’à présent nous souffrons,
nous-mêmes sur nos fronts l’avons attirée !
Dolentes, malheureuses, nous avons trop dormi !

Que le marchand ou bien son compagnon
donne aussitôt tout ce qu’il veut nous vendre :
or, nous venons chercher l’huile à présent que,
sans songer, nous avons dépensée.
Dolentes, malheureuses, nous avons trop dormi !

 

Prudentes

De nostri oli quret nos a doner
non auret pont alet en achaptes
deus merchaans que lai veit ester !
Dolentas chaitivas tropi avet dormit !

 

Vierges Sages

Point n’en aurez,
allez en acheter à ces marchands
que vous voyez là-bas !
Dolentes, malheureuses, vous avez trop dormi !

 

Mercatores

Domnas gentils, no ves cornent ester
ni loiamen aici a demones
Cosel queret nou vos poem denor
queret lo Deu qui vos pot coseler
Dolentas chaitavas tropi avet dormit !

Alet aireir a vostras sine seros
e preiat las, per Deu lo glorios
de olis façem socors a vos
faites otost, que ia venra l’espos !
Dolentas, chaitivas, tropi avet dormit !

 

Marchands

Il ne convient, gentes dames, de rester,
ni longuement vous attarder ici :
nous ne pouvons donner l’huile implorée,
priez en Dieu qui peut vous exaucer.
Dolentes, malheureuses, vous avez trop dormi !

Retirez-vous auprès de vos cinq sœurs
et priez-les par Dieu le glorieux
que de leur huile elles donnent secours.
Mais hâtez-vous car l’Epoux va venir.
Dolentes, malheureuses, vous avez trop dormi !

 

Fatue

A misere, nos ad quid venimus ?
Nil est enim illuc quod querimus !
Fatatum est, non vos videbimus
ad nuptias numquam intrabimus !
Dolental, chaitivas, trop i avem dormit !

Audi Sponse, voces plangentium
Aperire fac nobis ostrium
cum socius ! Prebe remedium
Atque duc nos dulce pra,dium.
Dolentas, chaitivas, trop i avem dormit !

 

Vierges Folles

Hélas, où allons-nous infortunées
ci c’est néant que nous cherchons là ?
C’est le destin : nous ne vous verrons pas,
au festin nuptial jamais nous n’entrerons.
Dolentes, malheureuses, nous avons trop dormi !

Ecoute Epoux nos appels et nos pleurs,
Fais que s’ouvre pour nous la porte.
Ainsi que nos sœurs, apporte le remède
et conduis-nous au céleste festin.
Dolentes, malheureuses, nous avons trop dormi !

 

Christus

Amen dico vos ignosco nam caretis lumine
Quod que perdunt proque pergunt
Alet chaitivas, alet malaureas !
A tot iors mais, vos sopenas lilias
in infernum ora seret meneias !

 

Le Christ

Je vous ignore en vérité car vous êtes sans clarté
et vous vous éloignez du seuil du palais nuptial.
Allez infortunées, allez maudites !
aux peines à jamais êtes vouées.
Or en enfer vous serez emportées !

 

Quem Vidistis Pastores

 

Quem vidistis, pastores ?
Dicite, annuntiate nobis, in terris quis apparuit ?
Natum vidimus,
et choros Angelorum collaudantes Dominum.

Dicite, quidnam vidistis ?
et annuntiate Christi nativitatem.

 

Qui avez-vous vu, bergers?
Dites-nous, annoncez-nous ce qui est apparu sur terre ?
Nous avons vu un nouveau-né,
Et les anges chantant les louanges du Seigneur.

Dites-nous, qui avez-vous vu ?
Et annoncez la naissance du Christ.

 

OFFICE DE LA NATIVITÉ

 

Puer natus est

 

Puer natus est nobis, et filius datus est nobis
Cuius imperium super humerum eius
et vocabitur nomen eius, magni consilii Angelus.

Cantate Domino canticum novum
Quia mirabilia fecit

 

Un enfant nous est né, un fils nous est donné
Qui porte le monde sur son dos,
Et dont le nom est Ange du grand conseil.

Chantez au Seigneur un chant nouveau
Car il a fait des merveilles

 

Congaudet hodie

 

Congaudet hodie celestis curia
Quod homo perditus erit in gloria
Nato de Virgine qui regit omnia.

Natus ex utero Marie Virginis,
Factus est particeps nostre propaginis,
Deus est et homo et factor hominis.

Miratur super hoc carnis humanitas,
Quod, si descendere voluit deitas,
Non fuit meritum sed sola pietas.

Exultans itaque corde in jubilo,
Causa leticie canentis termino,
Benedicat chorus celorum domino.

Rex est mirabilis sed spiritaliter
Fateri cogimus quod non sit aliter
Felices nimium qui tenent firmiter.

Nos qui recolimus dei potencias
Qui vere credimus et hanc et alias
Ex dono gracie reddamus gracias.

 

Toute l'assemblée céleste se réjouit aujourd'hui,
Car l'homme, qui était perdu, sera dans la gloire,
Grâce au Fils de la Vierge, qui régit toute chose.

Il est né du ventre de la Vierge Marie,
Il est issu de notre race,
Il est Dieu et homme, et créateur de l'homme.

L'humanité de chair s'émerveille,
La divinité a consenti à descendre sur terre,
Non pour nos mérites mais par bonté.

Que le chœur, exultant,
Rende grâce au Seigneur des Cieux,
Le cœur en joie, par ses chants de liesse.

Chose admirable spirituellement
Nous reconnaissons qu'il n'en est pas autrement
Trop heureux ceux qui croient fermement.

Nous qui respectons la puissance de Dieu,
Nous qui croyons vraiment cela et d’autres choses,
Nous rendons grâce du don de la grâce.

 

Viderunt omnes fines terræ

 

Viderunt omnes fines terræ salutare Dei nostri
Iubilate Deo omnis terra

Notum fecit Dominus salutare suum
Ante conspectum gentium revelavit iustitiam suam.

 

Les confins de la terre ont vu le salut de notre Dieu
Exulte pour Dieu, terre entière.

Le Seigneur a fait connaître son salut
Il a révèlé sa justice à la face des peuples.

 

Alleluia, dies sanctificatus

 

Alleluia
Dies sanctificatus illuxit nobis
Venite gentes, et adorate Dominum
Quia hodie descendit lux magna super terram.
Alleluia

 

Alleluia
Ce jour sanctifié resplendit pour nous
Que les peuples accourent et adorent le Seigneur
Car aujourd'hui, une grande lumière descend sur la terre.
Alleluia

 

Tui sunt cæli

 

Tui sunt cæli , et tua est terra
Orbem terrarum, et plenitudinem eius tu fundasti
Iustitia et iudicium præparatio sedis tuæ

Magnus et metuendus super omnes,
qui in circuitu eius sunt.
Tu dominaris potestati maris,
motum autem fluctuum eius tu mitigas

 

A toi les cieux, à toi la terre !
Le globe et sa perfection, c'est toi qui l'as créé
La justice et le jugement sont les apprêts de ton trône

Il est le plus grand et le plus redoutable
pour ceux qui l'entourent
Tu règnes sur le pouvoir de la mer,
tu adoucis l'onde de ses flots.

 

Orienti Oriens

 

Orienti oriens stella nova claruit
Et iacob egrediens lucifer emicuit
Balaam presagiens ut olim edocuit.

Actor secli nascitur seculorum vespere
Ac magis agnoscitur artifex in opere
Adorandus creditur unus trium munere.

In thure divinitas in auro dominum
In mirra humilitas in mortis supplicium
Et hectria caritas offerat fidelium.

 

Orientée à l'Orient, une étoile nouvelle resplendit
Un astre issu de Jacob jette sa lumière
Ainsi que Balaam l'avait annoncé et prophétisé.

Il est bien né, celui qui fait s'écouler les siècles
et il est reconnu par les grands (les mages),
lui, qui a fait le monde.

Dans l'encens, la divinité, dans l'or, la puissance,
Dans la myrrhe, l'humilité, dans la mort le supplice
La charité présente fidèlement ces trois offrandes.

 

Cleri cætus

 

Cleri cetus psallat letus
in tanto sollempnio

Adest festum eam honestum,
Quodcantari decet, cari,
Summo cum tripudio.

Iam est natus leo fortis,
Qui reatus dire mortis
Confundet inperio.

De tam pura genitura
Lex miratur, namque datur
Stupenda narratio.

O Maria, mater pia,
Tu imprimis pande nimis
Tam illustri filio.

 

L’assemblée des clercs chante joyeusement
pour cette grande fête.

Voici cette si belle fête pour laquelle,
mes chers amis,
nous devons chanter et danser.

Il est né, le lion fort qui, par sa puissance,
vainc impitoyablement
le péché et la mort,

Issu d'une procréation si pure,
une loi étonnante nous est donnée
Une incroyable histoire.

O Marie, mère pieuse,
Tu te penches
Sur ton fils si illustre.

 

Viderunt omnes fines terræ

 

Viderunt omnes fines terræ salutare Dei nostri

Cantate Domino canticum novum
quia mirabilia fecit

Notum fecit Dominus salutari suum
in conspecta gentium revelavit justitiam suam

Gloria patri et filio et spiritui sancto
Sicut erat in principio et nunc et semper
Et in secula seculorum Amen.

 

Les confins de la terre ont vu le salut de notre Dieu :

Chantez au Seigneur un chant nouveau
qui a fait des merveilles

Le Seigneur a fait connaitre son salut,
il a révélé sa justice au regard des peuples

Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit
Comme il était au commencement, maintenant
et dans les siècles des siècles. Amen.

 

Catholicorum concio

 

Catholicorum concio summo
summo summo cum gaudio

In hoc sacro solempnio,
solvat solvat solvat laudes deo

Puro corde et animo,
bene benedicamus domino.

Laudi fluas atque pias,
deo deo dicamus gracias.

 

L'assemblée des catholiques
au plus haut de la joie

En cette fête sacrée,
acquittons-nous de nos louanges à Dieu

D'un coeur et d'une âme pure,
bénissons le Seigneur

Rendons lui grâce par nos louanges
pieuses et abondantes.

 

Omnis curet homo

 

Omnis curet homo promere cantica
Sunt completa modo dicta prophetica.
Est verbum caro factum

Virga tullit florem Stella maris solem
Incorrupta novam Virgo parit prolem.

Quam miranda fuit gratia nascentis
Ut sic contereret vincula serpentis

Quo mortale genus ante tenebatur
Qui nos hic liberat hic benedicatur

 

Que tout homme s’efforce de dire des cantiques
Les prophéties sont maintenant accomplies.
Le verbe s’est fait chair

La branche porte une fleur, L’étoile de mer un soleil
La Vierge pure engendre une nouvelle descendance.

Comme fut admirable la grâce du nouveau-né
Pour qu’il brise ainsi les chaînes du serpent

Qui maintenaient auparavant les mortels
Que soit béni ici celui qui nous libère